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interstices

L’espace autour de soi semble familier, on en ressent même dans la pénombre ses plus petits recoins, on anticipe chaque pas, on avance à tâtons. Du parquet aux canalisations on décèle les moindres bruits et craquements. Le temps se ralenti, faire trois pas pour passer du séjour à la chambre de nuit. Une autre série de pas pour sortir du deux pièces.

Dans ce «chez soi» familier, on découvre, une nuit par hasard, en arrachant un bout de papier peint, la poignée d’une toute petite porte dissimulée, elle semble toujours avoir été là...
En franchissant son seuil, on pénètre dans la pénombre dans une autre pièce, un espace immense dont on a du mal à discerner l’étendue et le volume.

On est alors partagé, entre la sensation d’être passé à coté de quelque chose pendant toutes ces années, d’avoir été contraint d’évoluer dans un espace restreint, et par une appréhension face à ce territoire inconnu qui s’offre à nous et qu’il va falloir maintenant découvrir et s’approprier.

L’interstice représente ce passage, un mouvement dans l’immobile. Il est l’espace entre les plans, il relie le territoire avec l’image. Il permet d’avancer.

Quand la porte de communication avec l’aile était fermée on ne se rendait pas compte que la maison était très grande, on avait plutôt l’impression d’être dans un de ses appartements modernes où l’on peut à peine bouger. Irène et moi nous demeurions toujours dans cette partie-là de la maison, nous ne franchissions presque jamais la porte de chêne si ce n’est pour aller faire le ménage ; incroyable la quantité de poussière qui peut se déposer sur les meubles. Buenos-Aires est peut-être une ville propre mais alors c’est grâce à ses habitants. Il y a trop de poussière en suspension dans l’air, au moindre souffle on la voit se déposer sur le marbre des consoles et entre les arabesques des napperons au crochet ; ce n’est pas une petite affaire que de la bien enlever avec un plumeau, elle s’envole, reste un moment en l’air puis retombe obstinément sur les meubles et les pianos.

Casa Tomada - Julio Cortázar
Maderas - 9 panneaux en bois ciré, pastel sec, dimensions variables
prisme et bloc lumière
prisme 170 x 100 x 12 cm, structure en savon 70 x 50 x 10 cm 13 x 8,5 cm chacun >> Lire l'article de Valérie Champigny sur l'exposition pour le blog Marge de Manoeuvre // Rue89Bordeaux >> Télécharger le dossier de l'exposition

Informations

Exposition du 8 AU 20 AVRIL 2014,
Rezdechaussée 66, rue Notre Dame - Bordeaux
www.rezdechaussee.org