Interstices

Copyright Patrice de Santa Coloma |  Interstices I II III peintures huile
Interstices I, II, III huiles sur toile et fusain

Interstices - Casa Tomada

L’espace autour de soi semble familier, on en ressent même dans la pénombre ses plus petits recoins, on anticipe chaque pas, on avance à tâtons. Du parquet aux canalisations on décèle les moindres bruits et craquements. Le temps se ralenti, faire trois pas pour passer du séjour à la chambre de nuit. Une autre série de pas pour sortir du deux pièces.

Dans ce «chez soi» familier, on découvre, une nuit par hasard, en arrachant un bout de papier peint, la poignée d’une toute petite porte dissimulée, elle semble toujours avoir été là...
En franchissant son seuil, on pénètre dans la pénombre dans une autre pièce, un espace immense dont on a du mal à discerner l’étendue et le volume.

On est alors partagé, entre la sensation d’être passé à coté de quelque chose pendant toutes ces années, d’avoir été contraint d’évoluer dans un espace restreint, et par une appréhension face à ce territoire inconnu qui s’offre à nous et qu’il va falloir maintenant découvrir et s’approprier.

L’interstice représente ce passage, un mouvement dans l’immobile. Il est l’espace entre les plans, il relie le territoire avec l’image. Il permet d’avancer.

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prisme structure en bois ciré, tempera au blanc de plomb - 170 x 100 x 12 cm

Casa Tomada - Julio Cortázar

Je me suis inspiré pour cette nouvelle série de la nouvelle de Julio Cortázar «la Casa Tomada», et à la manière dont l'auteur relate la transformation de l’espace comme un lent basculement du réel vers l’imaginaire. Mes peintures suivent un cheminement : les plans sont agencés déconstruits, reconstruits, mis en perspective, la lumière progressivement fait place aux zones d’ombre, des prismes ou des kaléidoscopes surgissent et dénaturent ou accentuent les couleurs.

J'ai pensé et imaginé l'exposition pour le Rezdechaussée comme un lieu pour expérimenter un dialogue entre mes oeuvres, le lieu et l'atmosphère qui se dégage de la nouvelle de Cortázar.


Quand la porte de communication avec l’aile était fermée on ne se rendait pas compte que la maison était très grande, on avait plutôt l’impression d’être dans un de ses appartements modernes où l’on peut à peine bouger. Irène et moi nous demeurions toujours dans cette partie-là de la maison, nous ne franchissions presque jamais la porte de chêne si ce n’est pour aller faire le ménage ; incroyable la quantité de poussière qui peut se déposer sur les meubles. Buenos-Aires est peut-être une ville propre mais alors c’est grâce à ses habitants. Il y a trop de poussière en suspension dans l’air, au moindre souffle on la voit se déposer sur le marbre des consoles et entre les arabesques des napperons au crochet ; ce n’est pas une petite affaire que de la bien enlever avec un plumeau, elle s’envole, reste un moment en l’air puis retombe obstinément sur les meubles et les pianos.

Casa Tomada - Julio Cortázar

Copyright Patrice de Santa Coloma |  casa tomada Copyright Patrice de Santa Coloma |  casa tomada Copyright Patrice de Santa Coloma |  Casa Tomada
Maderas - 9 panneaux en bois ciré, pastel sec, dimensions variables


Copyright Patrice de Santa Coloma |  vue exposition Rezdechaussee Interstices Patrice de Santa Coloma Copyright Patrice de Santa Coloma |  biromes - dessins stylo bille
prisme et bloc lumière
prisme 170 x 100 x 12 cm, structure en savon 70 x 50 x 10 cm
biromes - 9 dessins au stylo bille
13 x 8,5 cm chacun
Copyright Patrice de Santa Coloma |  rincones fusain sur toile
rincones - fusain sur toile 190 x 300 cm





Informations

Exposition du 8 AU 20 AVRIL 2014,
Rezdechaussée 66, rue Notre Dame - Bordeaux
www.rezdechaussee.org



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